Presse Une jeune fille française

JEUNE FILLE FRANCAISE demain soir à l’UGC Ludres

(L’Est Républicain, Jeudi 3 novembre 2016 / Sortir en Meurthe-et-Moselle / Ludres)
Raflée, survivante

Un docu fiction consacré à une femme en résistance. DR
Le pire qui puisse arriver au mot « résistance » c’est précisément de n’être réduit qu’à un mot, un concept, au mieux un chapitre de l’histoire. C’est le meilleur moyen d’en dévitaliser le souvenir et la réalité. D’où l’intérêt d’y mettre un visage. Ou mille, ou dix mille, autant qu’il y en eut pour que la libération de la France en 1944 ne soit pas le seul fait des alliés, mais aussi une victoire des Français qui y ont contribué.

Le visage qu’a voulu lui donner Guy Gauthier, c’est celui de Ginette Lion-Clément, authentique personnage historique… que l’histoire s’est presque permis d’oublier.
Guy Gauthier, cinéaste régional aux multiples axes de travail, n’en est pas à son coup d’essai en matière de mémoire cinématographique. Déjà on lui doit « 11 novembre » en 2011 et « Les Fantômes de la Grande Guerre » en 2012, d’ailleurs accessible dans tous les collèges du département.

Cette fois, son attention s’est tout particulièrement portée sur celle qui, en 1944-1945, n’était qu’une jeune fille…
Janvier 1944 brutalise soudain la vie de Ginette de façon indélébile : ses parents, les Lions, juifs investis dans la résistance dans l’Aube, sont pris dans une rafle, arrêtés par les nazis et déportés. Leur vie s’achèvera quelques semaines plus tard dans les chambres à gaz d’Auschwitz.

Après le choc terrible, Ginette, 16 ans, qui a échappé miraculeusement à la rafle, se réfugie par obligation dans la clandestinité avec sa soeur, puis fait le choix résolu de la résistance. Comme agent de liaison, porteuse de valise gavée d’armes à Paris ou de papiers secrets en Bretagne et en Normandie. Ce qui lui vaut d’être arrêtée à son tour, à Rennes en mai 1944. Soumise à la torture trois semaines durant, elle ne lâche nul autre nom que le sien. Condamnée à mort, elle en réchappe in extremis, mais se voit envoyée à Ravensbrück où elle et ses pareilles subissent le pire.
De quoi remplir une vie entière de récits à transmettre à son retour. Pourtant Ginette s’est tue, pendant 40 ans. La France en pleine euphorie libératrice, en plein déni de culpabilité, ne voulait pas entendre son témoignage, elle en était persuadée.

La parole retrouvée
C’est seulement à la fin des années 70, alors qu’elle s’est établie en Lorraine que Ginette Lion-Clément retrouve la parole. Une parole dont des milliers de collégiens et lycéens profitent jusqu’en 2014.
Aujourd’hui Ginette est hospitalisée. Mais le docu-fiction de 20 mn qui lui rend hommage, et remet en lumière un pan de l’histoire régionale, est un moyen de l’entendre à nouveau et pour longtemps. Tourné dans les Vosges, en Meurthe-et-Moselle, dans l’Aube, à Paris et en Bretagne, il sera visible dans les établissements scolaires, sur le site internet de la fondation Shoah Californie et surtout projeté demain soir en une soirée exceptionnelle à l’UGC Ludres. Car l’heure est venue de mettre des visages sur l’histoire.
Lysiane GANOUSSE « Une jeune fille française, 1944-1945 », soirée projection, à l’UGC Ciné Cité Ludres, vendredi 4 novembre à 20h. 10EUR.

© L’Est Républicain, Jeudi le 09 Mars 2017 / Nancy-sud / Saint-Nicolas-de-Port
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Saint-Nicolas-de-Port

Cinéma non commercial : les prix
Dix films étaient en lice à la 25e journée régionale de cinéma non commercial organisée sous l’égide de la Fédération Française de Cinéma et Vidéo, avec le soutien du Musée du Cinéma et de la Photographie.

Les membres du jury.
Samedi, s’est déroulée la 25e journée régionale de cinéma non commercial. Cette journée est organisée pour la première fois cette année sous l’égide du Cinéma Non Commercial de Lorraine, la Fédération Française de Cinéma et Vidéo avec le soutien du Musée du Cinéma et de la Photographie de Saint-Nicolas-de-Port qui a accueilli le jury composé de Cécile Tué, juré de Meurthe-et-Moselle, Jean-Paul Hacquard des Vosges, Guillaume Leprévost de Moselle et Baptiste Kasprowicz de Meuse. Dix films étaient en lice « Des Etoiles plein le Ciel » de Mégan Gédé, « Saturne » d’Alain Gérard, « CAV Boutique » de Floriane Barlier, « L’agenda » de Christophe Prévôt, « Les Cœurs brisés » de Rodrigue Rouyer, « La jeune fille française » de Guy Gauthier «, » Métamorphose « de Julien Granet, » Insoutenable « de Floriane Barlier, » 10,43 « de Yann Keller, » La Panne des sens « de Jean-Claude Fischer, » La Momie de Scherbie « de Max Scherbie. Dix films de 3, 10, 15, et 20 mn que le public a découvert en même temps que le jury. A l’issue des votes les résultats ont été proclamés : meilleure fiction pour » Des étoiles dans le ciel «. Meilleure photo pour » Métamorphose «. Meilleur scénario pour » L’agenda «. Meilleure interprétation féminine pour Marion Battu dans le film » Les Cœurs brisés «. Meilleur interprétation masculine pour Christophe Bertaux dans » 10,43 « et Chad Colson dans » L’agenda «. Prix du jeune cinéaste pour Yann Keller. Le prix spécial du jury pour » CAV Boutique «. Prix spécial pour ces 12 années de travaux sur le son à Yann Jenny studio » Jenny-audio de Maizières, un prix décerné par les associations de cinéaste et les réalisateurs qui ont eu recours à lui pour le son, les musiques, les enregistrements et les mix de plus de 20 films depuis 12 ans.